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06/05/2011

Pressions continues sur le billet vert

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Si l’euro a atteint des sommets face au dollar, c’est en raison de la faiblesse du billet vert.

La crise nucléaire au Japon et les révoltes dans les pays arabes n’ont pas eu de conséquences majeures pour les devises européennes. Si l’euro, le franc suisse ou la livre sterling ont eu tendance à s’apprécier face au dollar, c’est en grande partie dû à un accès de faiblesse du billet vert. Face à six devises de référence (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise), la monnaie américaine est effectivement au plus bas. L’indice dollar, qui mesure les performances du billet vert face à ces devises, est tombé à 72,89 ce lundi, son plus bas niveau depuis août 2008. Depuis lors, l’indice est quelque peu remonté, mais cette valeur reste relativement faible.

"Traditionnellement, les tensions géopolitiques renforcent le dollar, explique Philippe Ledent, économiste chez ING. On l’a notamment vu lors de la crise coréenne. Cette fois-ci, les investisseurs semblent se tourner vers d’autres valeurs refuges comme l’or ou le franc suisse." La devise américaine a d’ailleurs battu un record de faiblesse face à la monnaie helvétique ce mercredi à 0,8554 franc suisse pour un dollar. Face à la monnaie européenne, le billet vert a également touché mercredi un plus bas depuis décembre 2009 à 1,4940 dollar pour un euro.

"L’augmentation du prix des matières premières peut jouer contre le billet vert, note Philippe Ledent. Les pays exportateurs sont payés en dollars et le font baisser quand ils l’échangent contre d’autres devises." Le maintien de taux au plancher par la banque centrale américaine et l’injection de milliards de dollars dans le système financier ont indéniablement pesé sur la devise américaine. "Même face au yuan, dont le taux de change est contrôlé par les autorités chinoises, le billet vert se dirige vers un record de faiblesse", note Philippe Ledent.

Entre les devises européennes, on a constaté quelques mouvements lors du déclenchement de la crise nucléaire, mais cela n’a pas duré. "Dans les jours qui ont suivi l’explosion à Fukushima, le franc suisse s’est apprécié face à l’euro, remarque Philippe Ledent. Mais quand on regarde depuis plusieurs mois, le taux de change est pratiquement stable." Mais face à la livre sterling, la monnaie européenne a gagné pas mal de terrain. "L’euro est clairement en phase ascendante face à la devise britannique avec un passage de 0,83 cent à 0,89 cent depuis le début de l’année", conclut Philippe Ledent.

Laurent Lambrecht

 


14:35 Publié dans marchés | Lien permanent | Commentaires (0)

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